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Ressources humaines

Recruter ce n’est pas seulement choisir un CV

Recruter, ce n’est pas seulement choisir un CV Le recrutement d’un nouvel employé s’opère dans beaucoup d’entreprises dans l’urgence, surtout lorsqu’il s’agit d’un remplacement. En effet, un collaborateur annonce son départ (mobilité interne, retraite, …) et on attend le dernier moment pour trouver la perle rare qui occupera ses fonctions. Le recrutement est alors sous pression et dans l’urgence. Dans ce contexte, le CV devient un raccourci commode et on en revient à choisir celui qui a le meilleur diplôme ou le plus d’années d’expérience. Cette sélection superficielle fait abstraction du fait qu’un bon recrutement est une association réussie entre un besoin exprimé et ce que la personne peut réellement apporter à la société. Le CV n’est ainsi qu’une étape parmi d’autres dans le recrutement et d’autres ne doivent surtout pas être négligées. Avant de trier des CV : clarifier le vrai besoin Un recrutement se joue souvent avant même la diffusion de l’offre. Le premier piège, c’est de chercher “le mouton à cinq pattes” parce que le besoin est flou. France Travail rappelle l’importance de définir précisément le besoin pour construire un profil de poste et de candidat : activités à réaliser, conditions d’exercice, compétences indispensables, expériences utiles. La fiche de poste : votre garde-fou Cela passe notamment par la rédaction d’une fiche de poste approuvée par l’ensemble des personnes à responsabilité ayant à travailler au quotidien avec la personne. France Travail indique qu’elle peut s’appuyer sur une analyse de poste (entretien approfondi, observation sur le terrain) selon la complexité du poste.   Le CV dit “où” la personne est passée, pas “comment” elle travaille Le CV est utile : il donne des repères. Mais il décrit surtout des contextes (entreprises, titres, diplômes) plus que des capacités en situation. Deux candidats avec des parcours différents peuvent réussir de la même manière ; deux CV “parfaits” peuvent échouer pour des raisons de posture, de méthode, d’adaptation ou de motivation. Il est ansi très important de ne pas s’arrêter à l’intitulé de l’expérience et de questionner le candidat sur ce qu’il y a fait, comment il a géré des situations complexes et ce qui le différencie d’un autre concurrent. L’Apec souligne justement l’intérêt de miser sur les compétences et le potentiel d’adaptation, au-delà du diplôme. Elle montre ainsi que les compétences ne jouent pas toutes le même rôle : les compétences techniques aident souvent au premier tri, tandis que les compétences comportementales/transversales départagent les finalistes.   Passer d’un recrutement “au feeling” à une évaluation observable   Le “feeling” n’est pas interdit. Au contraire, notre instinct nous guide dans de nombreuses décisions et il est important de s’y fier dans une certaine mesure. Mais il n’est pas infaillible et il est important de l’accompagner d’indicateurs rationnels et observables. Cela permet d’objectiver le recrutement et ainsi de bien comparer deux candidats différents sans se laisser obscurcir par un jugement quelconque. La mise en situation : l’antidote au blabla Une des façons les plus efficaces de recruter au-delà du CV consiste à évaluer la personne sur des gestes professionnels ou des habiletés liées au poste. France Travail décrit la Méthode de Recrutement par Simulation (MRS) : analyse du poste, conception d’exercices sur mesure, évaluation, puis présentation des candidats ayant réussi. L’entretien structuré : même questions, mêmes critères La forme la plus basique pour un entretien est une conversation. Cela peut être agréable mais aussi très injuste (les profils à l’aise à l’oral surperforment). L’entretien structuré solutionne ce biais. En listant des questions que vous posez à tous les candidats de la même façon avec une grille d’évaluation claire, vous rendez le processus davantage objectif et donc efficace.   Recruter, c’est aussi sécuriser l’équité et réduire les biais   Recruter au-delà du CV, c’est aussi éviter que des signaux sociaux (âge, genre, origine supposée, “bonne école”, trous dans le parcours) ne remplacent l’analyse du travail réel. L’Anact rappelle l’importance de veiller à un processus de recrutement non discriminant et de formaliser des pratiques (code de bonne conduite, indicateurs, etc.). Recruter sur des critères que vous n’êtes pas capables d’expliquer clairement ou qui vous semblent discriminatoires d’une quelconque façon doit vous interpeler et peut être un marqueur d’un recrutement non réussi.   L’expérience candidat : un révélateur de votre management   Au-delà du candidat, il est important de prendre du recul et de s’auto évaluer sur sa capacité à comprendre le poste et à le décrire. La façon dont vous expliquez le poste et répondez aux questions est un indice important sur la pertinence du recrutement. Les “10 étapes-clés” de France Travail insistent sur la préparation, la définition du besoin et l’organisation du projet de recrutement. C’est aussi cela qui conditionne une expérience candidat claire (délais, étapes, informations utiles). Pour attirer les meilleurs candidats, il est donc important de diffuser une annonce fidèle au poste, être clair sur les étapes du processus, faire des retours, même courts, aux candidats et être cohérent au niveau du temps (un recrutement sur 6 mois, sauf cas particuliers, n’a aucune chance d’aboutir)   Recruter, c’est manipuler des données : le RGPD n’est pas optionnel   Attention, dès que vous collectez un CV, un mail, une note d’entretien, vous traitez des données personnelles. La CNIL rappelle que les données des candidats ne peuvent pas être conservées indéfiniment : une durée cohérente doit être définie. Elle donne aussi un repère fréquemment cité : pour un candidat non retenu, la conservation peut aller jusqu’à 2 ans maximum (sauf demande d’effacement).   Conclusion Un CV est un point de départ, pas une preuve. Recruter va au-delà du CV. Un recrutement réussi renforce votre équipe. A l’inverse, lorsqu’il est manqué, les conséquences  peuvent être graves. Recruter n’est pas naturel, cela s’apprend. Chez W2F, nous vous accompagnons dans cette démarche. Dans notre formation recrutement, vous êtes placés dans l’univers d’Avengers et acquérez toutes les clefs pour un recrutement réussi. Cela se passe en cliquant ici.  Contactez-nous dès maintenant pour découvrir notre formation immersive ! 📧 hello@w2f-formation.com 📞 06 71 51 71 94 Une question, un mot

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Quand l’urgence pousse à mal recruter

Quand l’urgence pousse à mal recruter Un départ imprévu, un pic d’activité, un nouveau client à servir dès la semaine prochaine, une équipe à bout de souffle… Dans un monde parfait, un recrutement se décide plusieurs mois en amont et cela se passe dans un climat apaisé. Mais en réalité, dans beaucoup d’organisations, le recrutement n’arrive pas au bon moment : il arrive quand ça brûle. Et de la même manière qu’il est compliqué de placer un détecteur de fumée alors qu’un incendie est déjà déclaré, dans ces moments-là, l’objectif change : on ne cherche plus la bonne personne, on cherche quelqu’un de disponible. Cela amène une série de décisions rapides, émotionnelles et parfois incohérentes qui finissent par coûter cher. Un recrutement raté peut ainsi représenter des dizaines de milliers d’euros, voire davantage, selon le poste et le contexte (source : cci). Il ne s’agit pas ici de dénoncer l’urgence qui n’est pas le problème en soi. Elle fait en effet partie de la vie réelle des entreprises. Le problème, c’est ce qu’elle fait au processus de décision. Pourquoi l’urgence déforme la décision de recrutement La principale raison est que lorsque l’on recrute dans l’urgence, on a tendance à opter pour la solution la plus facile (source pixid). Notre esprit est pris dans un tunnel, on est tellement obsédé à l’idée de remplir le vide que l’on en vient à négliger ou raccourcir certaines étapes. On simplifie les critères, on se contente d’un profil moyen. La pression pousse ainsi à accélérer, parfois au détriment de la qualité d’évaluation. Recrutement en urgence : quelles leçons tirer de l’étude La seconde raison est que l’urgence renforce les biais cognitifs. Sous stress, on est particulièrement sujet à différents phénomènes : effet de halo : une caractéristique positive (diplôme, aisance, …) colore tout le reste  biais de confirmation : on cherche des éléments qui confirment une première impression car on ne peut pas se permettre de passer du temps avec des candidats qui ne remplissent pas les critères biais de similarité : on préfère les profils qui nous ressemblent, convaincus que leurs comportements seront les mêmes que les nôtres. Si on manque de vigilance, alors ces biais peuvent réellement piéger l’évaluation (source cci Paris).    Les symptômes typiques du recrutement sous pression   On reconnaît souvent un recrutement guidé par l’urgence à une combinaison de signaux faibles : un besoin mal défini. On part d’un CV trouvé vite au lieu de prendre le temps d’étudier le besoin réel : objectifs, contraintes, compétences indispensables, critères rédhibitoires. Un entretien non structuré en mode conversation en lieu et place d’une évaluation. L’entretien non structuré est facile à mener car cela ne nécessite pas de préparation particulière. Il favorise toutefois le feeling, et donc les biais. C’est la raison pour laquelle il est recommandé de structurer l’évaluation (grille, critères, questions comparables) (source lecoledurecrutement.fr). Des étapes sautées. Par manque de temps, on ne procède pas à un test de mise en situation, pas de prise de références, pas de double regard (manager + RH), pas de validation des critères clés. Or, tous ces outils permettent de limiter les erreurs. Une mise en avant excessive du poste. Pour être certain d’occuper le poste, il est normal de le survendre. Mais dès les premières semaines, le candidat se rend compte de l’illusion et peut avoir un sentiment de tromperie qui dégrade sa relation avec vous.   Ce que l’entreprise paie vraiment quand elle recrute mal   Recruter dans l’urgence pousse à avoir un employé qui n’est pas parfaitement adapté au poste. Il en résulte des conséquences directes : coût de diffusion d’annonce, temps RH et passé aux entretiens gaspillé, … Mais cela ne s’arrête pas là, comme l’indique welcome to the jungle. Les conséquences ne sont pas uniquement financières. Tout est affecté. On aboutit ainsi à une perte de productivité (temps de management, erreurs, ralentissements), une désorganisation (réaffectations, surcharge, tensions), une dégradation de la qualité (clients impactés, retours, SAV, incidents), un turnover (et donc un besoin supplémentaire de recrutement).   Comment sécuriser un recrutement… même quand on est pressé   Heureusement, recruter dans l’urgence ne veut pas dire que le candidat sera non adapté au poste. Il ne s’agit pas ici d’arrêter de recruter dans l’urgence mais d’instaurer un cadre qui permet de le faire sans nuire à la fiabilité du process. L’idée dans ce cas est d’accélérer le process, pas la décision. Vous pouvez aller vite si vous standardisez. Différents points peuvent donc être mis en place de manière automatique pour tous les recrutement : Clarifier le besoin Construire une grille d’évaluation pour objectiver la décision et réduire l’arbitraire. Passer à l’entretien structuré (mêmes questions clés pour tous, notation par critère, debrief factuel après l’entretien, …). Cela minimise les biais et rend l’évaluation comparable (source hellowork). Ajouter une mise en situation. C’est souvent l’étape ignorée dans l’urgence alors qu’elle est l’une des plus utiles. Elle permet en effet de juger le savoir-faire, pas seulement le discours. Instaurer des règles non négociables pour s’assurer de la qualité du process. Exemples : pas d’embauche sans mise en situation, pas d’embauche sans second avis, … Par ailleurs, si vous n’avez pas le bon profil maintenant, il peut être moins risqué d’opter pour une solution alternative : renforcer temporairement via prestation / intérim / CDD, activer la mobilité interne, décaler un périmètre projet, … Cela peut sembler frustrant mais il est parfois plus économique que de prendre une décision précipitée. Et évidemment, le meilleur moyen de ne pas faire d’erreur dans le recrutement dans l’urgence est d’arrêter de traiter dans l’urgence en traitant son origine. Cela évite de très nombreuses déconvenues largement évitables.   Conclusion   L’urgence pousse à mal recruter parce qu’elle pousse à simplifier là où il faudrait objectiver. Quand on est sous pression, on confond facilement vitesse et précipitation. Nous avons présenté succinctement quelques méthodes pour limiter l’impact. Il existe une autre façon d’améliorer ses process : la formation. Chez W2F, nous avons plusieurs formations permettant d’acquérir les bases du recrutement,

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