RACI : clarifier les rôles pour éviter les conflits

Dans beaucoup d’équipes, les tensions ne viennent pas d’un manque de compétence mais d’un flou organisationnel : Qui décide ? Qui fait ? Qui valide ? Qui doit être consulté ? En l’absence de réponses à ces questions que l’on pourrait qualifier de triviales, on voit apparaître différents phénomènes fâcheux : doublons, tâches qui ne sont menées par personne, validations qui n’arrivent jamais, arbitrages tardifs, et parfois une impression d’injustice (“on me reproche quelque chose qui n’était pas à moi”).

La matrice RACI est un outil simple pour rendre ces attentes explicites et éviter une grande partie des conflits de responsabilité.

Pourquoi les conflits de rôles apparaissent

Les projets réunissent souvent plusieurs métiers, niveaux hiérarchiques et parties prenantes. Sans cadre clair, chacun agit selon sa perception du périmètre :

  • Le manager pense “je valide tout”, l’expert pense “j’ai la main car je maîtrise le sujet”.
  • L’équipe opérationnelle exécute… puis découvre que la décision n’était pas la bonne ou que l’arbitre n’était pas le bon.
  • Les “consultations” se transforment en “copilotage” : trop d’avis, trop tard, trop de re-travail.

Résultat : la friction augmente, la confiance baisse, et le projet perd en vitesse. La matrice RACI sert précisément à attribuer des rôles de manière lisible et explicite pour chaque tâche afin que chacun sache comment intervenir et à quel moment.

 

RACI : de quoi parle-t-on exactement ?

 

RACI est un acronyme anglais couramment utilisé en gestion de projet. Il structure la répartition des responsabilités pour une activité, un livrable ou une décision :

  • R – Responsible : la personne (ou le rôle) qui réalise concrètement la tâche.
  • A – Accountable : la personne qui porte la responsabilité finale, arbitre et valide (idéalement une seule). Il s’agit la plupart du temps du supérieur hiérarchique.
  • C – Consulted : ceux qu’on consulte (expertise, avis) avant d’agir ou de trancher.
  • I – Informed : ceux qu’on informe des avancées/décisions, sans solliciter d’action.

Le vrai bénéfice : réduire le “bruit” organisationnel

Bien utilisé, le RACI permet de :

  1. Éviter les doublons : deux personnes ne font plus la même chose sans le savoir.
  2. Limiter les zones grises : on sait qui arbitre quand il y a désaccord.
  3. Accélérer les validations : le “A” est clairement identifié, on ne fait plus le tour de 5 personnes “au cas où”.
  4. Réduire les malentendus : un “I” n’est pas un “C”, et un “C” n’est pas un “A”.

Améliorer la coopération : chacun comprend comment contribuer sans empiéter sur les autres.

 

Les erreurs courantes… et comment les éviter

Erreur 1 : Confondre “Accountable” et “Responsible”

C’est une confusion très classique. Le “R” mène l’action, le “A” est là pour la valider et arbitrer si nécessaire. Cette compartimentation est importante car le « A », en n’ayant pas travaillé au quotidien sur la tâche, a davantage de recul. Mais attention, contrairement à ce que les mots pourraient laisser suggérer, le « R » n’est pas l’unique repsonsable. En cas de problème, on peut reprocher au « A » d’avoir validé trop précipitamment le travail. Des ressources françaises insistent sur cette distinction et sur l’intérêt d’un “A” clairement identifié.

https://www.manager-go.com/gestion-de-projet/dossiers-methodes/matrice-raci?utm_source=chatgpt.com

Erreur 2 : Mettre deux (ou trois) “A”

Quand deux personnes sont “A”, on obtient souvent : “je croyais que c’était toi”. La règle “un seul A” est un levier simple pour éviter les bras de fer et les blocages et que personne ne se défausse derrière la présence d’un autre.

Erreur 3 : Transformer RACI en organigramme politique

RACI n’est pas un outil pour “récompenser” ou “punir” des rôles. Si la matrice est vécue comme un instrument de pouvoir, elle générera l’effet inverse : résistances, contournements, conflits ouverts. Dans des entreprises avec de grandes tensions internes, le RACI peut être vu comme un moyen d’afficher l’incompétence de l’autre. Il est important que cela soit vu comme une aide, pas comme un outil pour s’en prendre à autrui.

Erreur 4 : Ne pas l’utiliser après l’avoir créée

Un RACI doit vivre : revue en lancement, ajusté après un jalon, remis sur la table quand le périmètre change. Sinon, il devient un document décoratif.

 

Variantes utiles : ARCI, RASCI…

Selon les organisations, vous trouverez des déclinaisons. Par exemple :

  • ARCI : une version “francisée” parfois utilisée (Acteur / Responsable / Consulté / Informé) où la traduction peut varier selon les sources. Attention avec le ARCI dans votre communication car ici, le A se transforme en R et réciproquement. Cela peut mener à de fâcheuses confusions pour ceux qui seraient habitués au système anglais (source ici).
  • RASCI : ajoute un S (Support) pour distinguer ceux qui aident à réaliser (ressource d’appui) de ceux qui portent réellement l’exécution. Cela peut être pertinent pour les projets de grande ampleur. Autrement, en rajoutant un acteur, cela peut surcharger l’ensemble et porter préjudice (source ici).

Conclusion

 

La matrice RACI est l’un des outils les plus simples pour prévenir les conflits de rôles : elle rend explicites les responsabilités, sécurise les validations et évite que la “coordination” ne se transforme en lutte d’influence. Il est particulièrement précieux dans la gestion de projet. C’est la raison pour laquelle nous l’avons intégré à notre formation sur les fondamentaux de la gestion de projet. Au cours de cette formation basée sur l’univers du films Astérix et Obélix Mission Cléopâtre, vous en apprendrez bien plus sur le RACI que ce qui est brièvement abordé dans cet article. Intéressé ? Cela se passe sur cette page

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